Un pont de pierre tant attendu

Publié le 7 Nov 2022

Lorsqu’une ville est traversée par un fleuve, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à un moment où un autre, la nécessité de traverser celui-ci se fait sentir. Et Bordeaux n’échappe pas à la règle!

Un pont tant attendu

Depuis l’antiquité, l’infranchissable Garonne tumultueuse, sujette à des crues violentes contraignait les voyageurs à traverser le fleuve sur des bacs.
En 1772, un premier projet de pont de pierre est adopté par l’intendant Tourny qui se heurte aux doutes de l’architecte, considérant comme impossible la réalisation d’un tel ouvrage sur un fleuve aussi tempétueux.
Il faut finalement attendre 1807, au passage de Napoléon 1er, pour que l’ordre de construction soit donné. Un pont de bois est envisagé mais les Bordelais s’y opposent préférant la maçonnerie.
La construction démarre en 1810 et prévoit 19 arches. La première pierre est posée en 1812, mais une forte crue de 1813 emporte les pieux d’échafaudage des cinq premières piles. A la fin de l’empire, en 1815, six piles seulement sont construites et les travaux s’arrêtent, faute de financement.

12 ans de travaux

En 1817, c’est Pierre Balguerie-Stuttenberg qui prend la tête d’une société anonyme et convainc le gouvernement de financer une partie de l’ouvrage afin d’achever la construction. En échange une concession d’exploitation pour 99 ans avec un droit de péage est donnée à la société.
Le gouvernement accepte sous condition que le pont soit finit en trois ans. 17 arches de pierre soutiendront l’ouvrage en pierres et briques de la région posées sur 220 pieux de pin des Landes et sapin enfoncés sur dix mètres de profondeur.
12 années de construction pendant lesquelles il faut faire face à de nombreux problèmes liés au courant ou à l’incendie endommagent la galerie intérieure.
Trois mois après la mort de Napoléon, le pont est inauguré en 1821, sous Louis XVIII.
Le premier jour de son ouverture aux piétons, le péage enregistre 35 000 traversées dans la journée.

Les ponts de la discorde

Pendant longtemps, il reste l’unique pont pour traverser la Garonne.
Bordeaux et ses ponts ont fait longtemps parler d’eux. Des premiers franchissements par bacs à l’inauguration du dernier pont menaçant la ville de déclassement par l’Unesco. Des projets aériens ou souterrains parfois farfelus, divisant la ville entre nécessité de franchir le fleuve et rivalité entre rive droite et rive gauche, ont traversés les années. Comme de nombreux monuments historiques de Bordeaux, le pont de pierre fait aussi le charme de celle ville.

Le futur, prévoit un téléphérique, mais nul ne connait encore le nombre d’années et de crues qui s’écouleront sous les arches du pont de pierre avant de pouvoir traverser la Garonne par les airs.