Les origines de Bordeaux et les vestiges de ce passé

Publié le 10 Juin 2022

Si Bordeaux rayonne et resplendit aujourd’hui comme si cette ville avait toujours été là, c’est peut-être parce qu’elle ne date pas d’hier et qu’elle peut s’enorgueillir de 2000 ans d’histoire. Avec peu de vestiges de ces temps très reculés, on peut tout de même en trouver quelques traces dans la ville.

Burdigala à l’Antiquité :

L’écrivain et géographe grec, Strabon, est le premier à faire mention de la cité Burdigala, au 1er siècle avant J-C. Burdigala, qui tient son nom de la contraction de deux mots aquitains, Burd qui signifie « abris » et Gala qui signifie « marais », car il n’est plus un secret que cette ville aujourd’hui si élégante, demeura longtemps un vaste marécage pestilentiel.

Situé à l’embouchure d’un affluent de la Garonne, le lieu est choisi pour ses possibilités portuaires. La tribu des Bituriges-Vivisques s’adonne au commerce et établissent ici leur premier marché.

En 56 av. J.-C., Publius Crassus, lieutenant de César, fut victorieux sur les Aquitains et Bordeaux se soumit aux Romains. La conquête s’effectua sans violence et permet de supposer que les Bituriges, qui contrôlaient le trafic de l’étain se soumirent volontairement à César. Sous le nom de Burdigala, la ville devint l’égale des cités les plus florissantes des Gaules. Choisie comme résidence par les gouverneurs d’Aquitaine, elle se développa sous le mode de l’urbanisme romain. Le cardo et le decumanus furent tracés (aujourd’hui rue Sainte Catherine et rue Porte Dijeaux et Saint Rémi), longues, larges et parfaitement perpendiculaires. Burdigala se pare d’un forum, de temples, d’un amphithéâtre, de thermes, et de maisons les plus luxueuses de Gaule. De ces temps reculés persistent les vestiges du Palais Gallien et la rue des Piliers de Tutelle témoigne de la présence d’un temple aujourd’hui disparu…

Bordeaux devint à cette époque le centre littéraire de la Gaule, l’université de Burdigala, fut fondée en 286, ses écoles comptèrent parmi les plus florissantes de l’empire et produisirent une foule d’hommes remarquables et surtout le poète Ausone, qui a célébré sa ville natale et en a laissé des descriptions qui permettent de se faire une idée de Bordeaux au IVème siècle.

S’ensuit une période calme et de paix avant de subir les assauts des Barbares détruisant et incendiant la ville.

Bordeaux et le Moyen Age :

Au moyen âge, la ville érige des remparts de 10m de hauts, et de nombreuses tours pour protéger la ville et est christianisé au IVème siècle. Les paroisses de Saint Rémi, Saint Pierre et Saint Siméon sont fondées mais pour autant, Bordeaux ne dispose pas d’évêque pendant près de deux siècles.

Les Vikings assiègent et pillent la ville pour une seconde fois et il faut attendre le XIIème siècle pour que Bordeaux retrouve son essor. La cathédrale Saint André est consacrée en 1096. Le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II fait basculer la région dans les terres de la couronne anglaise pour les 300 ans à suivre et Bordeaux redevient prospère grâce au commerce du vin avec l’Angleterre.

Bordeaux sous la Renaissance :

En 1453, à la suite de la bataille de Castillon, la ville passe sous l’autorité du royaume de France, et la guerre de Cent Ans s’achève. Mais la ville n’apprécie guère la tutelle du roi de France.  Charles VII décide de faire de Bordeaux, restée indépendante d’esprit, une ville royale et d’y faire édifier plusieurs forteresses pour dissuader les bordelais de se révolter contre la monarchie : le fort Louis au sud, le fort du Hâ pour défendre la ville des attaques venant du sud et de l’ouest, et le château Trompette (à l’emplacement actuelle de la place des Quinconces) pour la protéger du côté de la Garonne. Le commerce du vin avec l’Angleterre s’arrête et la ville perd alors sa prospérité. 

En 1462, le roi Louis XI rend ses libertés à la ville en lui donnant un parlement. Après avoir établi la paix en 1475, il choisit Bordeaux, notamment son port, pour le commerce avec les marchands anglais.

Bordeaux du XVème au XVIIIème siècle :

Pendant près de 200 ans, la cité Bordelaise est agitée, tant sur le plan politique qu’économique. La population se révolte, la cité perds ses privilèges, le parlement est suspendu. Bordeaux est touché par les guerres de religion. 

En 1585Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s’apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.

Bordeaux connaît son second apogée du milieu du XVIIème siècle jusqu’à la Révolution française. Cette prospérité provient à nouveau de son port, qui va devenir le premier port du royaume. La ville commerce le vin, mais aussi le sucre colonial et les esclaves.

Les archevêques, et les intendants installés par le roi, embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres et aménagent les anciens remparts. L’architecte André Portier construit, à la place des portes fortifiées de la vieille ville, des arcs de triomphe majestueux comme la Porte d’Aquitaine, la porte Dijeaux, la porte de la Monnaie ou encore la porte de Bourgogne. La ville se dote également d’un opéra construit par Victor Louis.

À la demande de Tourny, l’architecte de Louis XVAnge-Jacques Gabriel, crée le Jardin public, voulu comme un espace vert et un haut lieu de promenade qui rencontre très vite la faveur des Bordelais. Gabriel construit aussi la vitrine de la ville : la place de la Bourse, alors appelée place Royale, magnifique ensemble XVIIIème siècle de type versaillais, qui donne sur les quais. La ville devient une des capitales européennes des Lumières dont Montesquieu est le précurseur.

La colonne des Girondins, élevée en 1902 sur la place des Quinconces, rend hommage aux victimes de la Terreur.

Bordeaux la contemporaine :

1841, le train entre à Bordeaux, les boulevards sont tracés, les vieux quartiers démolis. La rive droite s’intensifie, le Pont de pierre est construit. Février 1900, première ligne de tramway électrique (Tiens donc !) …

Et c’est ainsi qu’au fil des siècles, Burdigala se forgea un nom, un style, une image…

Un passé riche, une part d’Histoire, un nom connu dans le monde entier : BORDEAUX !